La noirceur de la vie et sa lumière...

Plusieurs polars/thrillers/livres policiers* m'ont réconciliée ces dernières années avec ce genre littéraire  dont je m'étais lassée je l'avoue alors qu'il avait tant fait partie de ma vie de jeune lectrice (Agatha Christie fut très tôt et longtemps un de mes auteurs favoris !). Un trop plein à une certaine période des choses s'était emparé de moi : notre planète regorgeait de trop de meurtres, trop de violence, trop d'agressions, trop de peine... Je ne pouvais plus en rajouter en lisant des polars ou des thrillers. J'avais même l'impression absurde (?), que cela pouvait éventuellement donner de mauvaises idées, et je ne voulais pas participer à cela. Idem pour les films du même genre.

Depuis, la peine, la violence, les meurtres, les agressions n'ont pas déserté cette planète; "au contraire" dirait-on en écoutant ou en lisant les nouvelles du monde... et cependant quelques auteurs sont venus à la rescousse de leur genre de prédilection et m'ont réapprivoisée doucement.

La fille de Brooklyn fait partie de ces polars qui m'ont ramenée au bercail.

La fille de Brooklyn de Guillaume Musso.



Un polar, un bon, un vrai. Offert par ma fille aînée il y a trois-quatre ans pour Noël. Pas un grand classique comme Le Dahlia Noir de James Ellroy ou Une ténébreuse affaire de Balzac (oui, oui, Balzac au pays du roman policier! Peut-être même le premier roman policier de la littérature française voire mondiale ?! Alors ! Lisez-le, c'est fabuleux! ), mais tout de même un de ces polars qu'on ne lâche plus une fois qu'on les commence. De ceux qui vous tiennent en haleine jusqu'au bout et ne vous déçoivent pas. Parce que cela a fait partie de mon éloignement aussi de ce genre littéraire : souvent, je ne sais pas pourquoi, le polar/thriller/livre policier vous aguiche, vous tient en haleine, vous promet une fin détonante, et puis finalement pof, ça retombe !... Mais pourquoi ?! Vous vous dites "C'est ça la fin ?! " Tout ça pour ça, mince alors, c'est dommage... Je dévore donc ce roman de Musso avec une crainte, une seule : que la fin me déçoive. Mais La fille de Brooklyn ne fait pas cela. Ne peut pas faire cela. Impossible. En fait les dernières pages de ce livre m'ont fait pleurer. Enormément. Je ne sais pas si Guillaume Musso est conscient de ce qu'il y a fait. S'est-il rendu compte de la portée de ces dernières pages ou bien a-t-il simplement rondement mené la fin de son roman, bouclé la boucle comme on doit dire dans le jargon? J'aimerais pouvoir le lui demander un jour. Pour tout vous dire,  je vais tout bonnement vous "spolier" la fin de ce roman comme disent les jeunes d'aujourd'hui! Pour ceux qui ne veulent pas aller plus loin dans cet article, sortez-en maintenant !...  C'est bon ? Je continue.

 Je dois expliquer ce que Guillaume Musso a fait selon moi à la fin de ce livre. Voilà. Il a rédigé une lettre. Un de ses personnages a rédigé une lettre. Une enfant, qui a été kidnappée et torturée, et qui a pu dans son calvaire écrire ses pensées dans un cahier. Dans ce cahier, elle a écrit des lettres à ses parents. Guillaume Musso termine son roman en faisant remettre ce cahier au père de cette enfant. C'est terrible. On pleure. On pleure beaucoup. Parce qu'en outre, cette enfant n'est plus là. La rareté voire l'inexistence de ce genre de lettres dans la réalité, imaginez... Guillaume Musso a pris sa plume, a écrit un polar, et a terminé par cette lettre magnifique d'une fille à ses parents, à son père. Qui prend la parole pour tous les enfants enlevés et torturés, et la plupart du temps tués par leurs bourreaux. Guillaume Musso a écrit pour eux tous et a adressé sa lettre à tous les parents de ces enfants. C'était tellement bien de sa part de le faire. Il fallait le faire, je pense. Voilà. Les polars tout aussi horribles qu'ils puissent nous paraître souvent font cela. Ils témoignent de la misère d'une partie de ce monde et de la beauté également qui tente de survivre dans la plus grande adversité parfois. Que Guillaume Musso pour cela soit remercié. On ne sait pas toujours quoi faire de nos plus grandes peines, les écrivains en font parfois des livres.

Je dédie cette chronique à toutes les personnes (enfants ou adultes) qui ont hélas croisé un jour, ou croiseront la route d'un tueur, d'un prédateur. Et à leurs parents.

Dans la noirceur de la vie et sa lumière... Louise a écrit.

Paix à nos âmes.



*Quelques uns de mes réconciliateurs :

La Fille de Brooklyn de Guillaume Musso

La fille du train de Paula Hawkins

Heather Mallender a disparu de Robert Goddard

Comme un cheveu sur le wok de Cicéron Angledroit

La vérité sur l'affaire Harry Québert  et La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker

L'étoile du Nord de D.B.John

Trouver l'enfant de Rene Denfeld




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