Dans le bleu…
Sur les tables de nos libraires vous avez peut-être croisé
ce livre. Et vous êtes passés à côté en vous disant : « Mouais, non,
la petite camionnette dans l’herbe, sans façon ! ». Et pourtant…
Lire Tout le bleu du ciel c’est accepter de partir
en voyage avec Joanne et Emile à travers les Pyrénées. L’histoire : Emile,
un jeune homme de 26 ans, est atteint d’un Alzheimer précoce et décide, plutôt
que de suivre des traitements incertains à l’hôpital, de vivre son rêve de
jeunesse : partir en camping-car et voyager comme bon lui semble ! Il
passe une annonce pour trouver un compagnon de route, une personne qui ne saura
rien de lui et de sa maladie et qui l’accompagnera très simplement, sans un
regard condescendant. C’est Joanne qui répond…
En lisant ce résumé, vous
pourriez encore penser : « Déjà lu, non merci ! » ou
quelque chose d’approchant : je comprends, moi aussi j’ai pensé ça avant
de le lire, je l’admets, mais faites-moi confiance ! Si vous passez votre
chemin sans le lire, vous passerez à côté d’une très belle histoire, d’un très
beau roman. Je vous souhaite cette lecture. On se sent bien dans le camping-car
d’Emile et Joanne. On aime découvrir qui ils sont, ce qu’ils ont vécu chacun de
leur côté avant de se rencontrer et on aime qu’ils fassent connaissance, pas à
pas, qu’ils vivent ensemble ce périple pas ordinaire du tout. Nous avons
la chance en France d’avoir quelques écrivains comme Valérie Perrin (Changez
l’eau des fleurs) ou Claudie Gallay (Les Déferlantes) qui nous
offrent des romans délicats et forts tout à la fois, des ouvrages qu’on ne
voudrait pas quitter une fois qu’on y est entré, des personnages attachants décrits
avec tendresse et sans jugement, sans a priori. Les voyages dans cette
littérature ont un air facile, simple? et pourtant on nous y trouve
toujours surpris ! J’aime cette littérature que je n’arrive pas à
qualifier exactement : quand je referme les livres de ces auteurs, j’ai souvent
le visage véritablement altéré par les pleurs et un grand sourire malgré tout
sur les lèvres. Un sourire un peu benêt pour ma part : le contentement
d’avoir lu un livre qui m’a bouleversée et qui m’a prise au dépourvu et c’est
tant mieux. Dans les librairies, ne négligeons pas cette table-là. Elle est
souvent occupée par des auteurs français discrètement très talentueux.
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