Chers tous,


Je dois vous raconter une petite histoire.

                                                                

L'histoire de mon blogue du vestiaire. Celui que je tiens, en parallèle de celui-ci, sur la porte de mon casier de vestiaire sur mon lieu de travail.

C'était en 2016. J'avais envie de partager des lectures, des expos, des poèmes, des oeuvres, etc. que sais-je, de partager des idées avec mes collègues au travail, tout cela lié à mon envie d'écrire qui ne m'a jamais vraiment quittée.

Et puis parmi mes collègues, il y avait Kathy B., une collègue avec qui j'échangeais beaucoup. Elle avait été danseuse professionnelle dans sa jeunesse et j'étais un peu comme une enfant contente de travailler avec elle! C'était une femme très douce, très discrète, très disciplinée dans le travail; "ça c'est la danse, Bernadette, me disait-elle". Bien sûr que c'était la danse, la danse de haut niveau est exigeante. Mais elle attire aussi à elle des gens qui sont par nature exigeants. Et Kathy l'était. Elle était exigeante avec elle-même. Elle accomplissait nos missions d'accueil et de surveillance du musée dans lequel nous travaillions ensemble avec beaucoup de précision et de tact et je l'aimais beaucoup pour ça. Elle a fait partie de mes modèles dans cette nouvelle profession. Pourtant Kathy n'aimait pas  notre travail. Après avoir connu une carrière de danseuse, c'est normal. Elle trouvait que notre fonction était bien fade et très ingrate. Et elle l'est en fait !... Un jour de 2016, je me dis : je vais partager des choses avec mes collègues, écrire pour elles et pour moi, et notamment pour Kathy. Qu'elle trouve de temps en temps sur ma porte de casier quelque chose qui lui plaise, qui l'interpelle, une petite fenêtre vers ailleurs... Et ça a commencé comme ça. Par le blogue du vestiaire n°1 que j'avais préparé pour Kathy.

Je place aujourd'hui dans ce blogue virtuel ce qui fut le premier opus d'une longue série.

Je le publie parce que Kathy nous a quittée cette semaine. 

Elle avait fêté ses 60 ans en début d'année.

Kathy me manquait déjà beaucoup depuis quelques années. Elle avait dû quitter notre service parce qu'on lui avait diagnostiqué une maladie très grave. La maladie de l'oubli. Maintenant, Kathy va me manquer pour toujours. J'espère que le ciel lui a réservé une belle salle de danse pour s'entraîner au Paradis des danseurs. 

Je pense à la famille qu'elle laisse. Sa maman et sa fille.

Ce n'est bien sûr qu'un au revoir Kathy.;)

Je t'embrasse.

Avec toute mon amitié.

Bernadette



Monique Loudières, danseuse étoile de l'Opéra de Paris


Commentaires

  1. Vive les Martha Graham, les Pina Bausch, les Carolyn Carlson et les Kathy B. !

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