Qui a peur de Virginia Woolf ?! Moi, bien sûr ! Moi ! Moi !... mais tant pis, je me lance…

Je vous en prie, chers lecteurs de ce blogue, votre indulgence est nécessaire pour ce qui va suivre : je vais tenter d’écrire humblement l’éloge d’un recueil de Virginia Woolf (oh mon dieu !...), ne me sentant pourtant absolument pas digne d’emprunter ne serait-ce qu’un des pieds de la chaise de son bureau. Tenez, imaginez donc que pour rédiger cet article, je suis allongée sur le sol de la pièce dans laquelle j’écris, face contre terre, les bras en croix, tel un aspirant moine ou un séminariste prêt à donner sa vie à Dieu pour toujours. Mon visage tourné vers le sol, je n’imagine même pas regarder en direction du bureau de Mme Woolf où elle rassembla les textes de son ouvrage Les livres tiennent tout seuls sur leurs pieds

C’est de ce recueil dont je veux vous parler. Je l'ai emprunté à la bibliothèque. Il est magnifique ! Ma face contre le sol, toujours, je me permets de vous en parler et de vous en suggérer la lecture voire de vous obliger à le lire ! Pardon, Mme Woolf ! Pardon, il ne faut pas forcer le lecteur et je ne suis personne pour me permettre cela, mais votre livre est tellement beau. Thomas Hardy et Joseph Conrad y ont la part belle, Katherine Mansfield, Jane Austen, Thoreau, Defoe, Keats, Dickens forment un cortège exceptionnel dans les mots que vous choisissez pour parler d’eux. Certes ce sont des auteurs anglo-saxons pour l'essentiel (bien que Tchekhov ait droit à un hommage plus qu'enviable !) mais c’est la littérature tout entière qui en ressort glorieuse. Tant de saveur, d’humour, de subtile analyse littéraire, de sophistication de la pensée dans vos mots (j’avoue que parfois je dois travailler pour comprendre où vous voulez en venir exactement, mais même sans vous avoir complètement entendue, je suis toujours émue de me sentir quant à moi enfin comprise en vous lisant… C’est étrange non ?!). Il faut lire ce bouquin bon sang juste pour le plaisir de lire Mme Virginia Woolf. Elle est l’un des plus grands écrivains ayant jamais existé et puisque la poésie circule librement dans sa prose ou la prose dans sa poésie, je ne sais pas, ou peut-être a-t-elle inventé une manière d’écrire, un langage bien à elle, et bien à nous, il faut en profiter ! Mme Woolf, vous avez écrit ces essais merveilleux sur la littérature et la lecture pour les partager avec nous. Oh merci ! Je vous parle mais je suis toujours bien plaquée au sol, et cependant j'ose porter mon choix sur l'un de vos essais … Parmi tous les articles de ce recueil, il en est un Absolu (parmi les absolus !) : « Comment doit-on lire un livre ? » Voilà ce que Virginia Woolf y conclut au sujet des lecteurs :

« Mais qui lit pour atteindre un but, si désirable soit-il ? N’y a-t-il pas des choses que nous faisons parce qu’elles sont bonnes en elles-mêmes, et des plaisirs qui ont leur fin en soi ? Et la lecture n’en fait-elle pas partie ? J’ai parfois rêvé, au moins rêvé, qu’à l’aube du Jugement dernier, lorsque les grands conquérants, législateurs, hommes d’Etat, viendront recevoir leur récompense--leurs couronnes, leurs lauriers, leur nom gravé pour toujours dans un marbre impérissable--, le Tout-Puissant se tournera vers Pierre et lui dira, non sans une certaine envie, lorsqu’Il nous (les lecteurs) verra arriver avec nos livres sous le bras : « Regardez, ceux-là n’ont pas besoin de récompense. Nous n’avons rien à leur offrir. Ils ont aimé lire. » » 

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